Processif et réflexif en entreprise,
les distinctions entre désir et volonté

En entreprise plus qu’ailleurs, les managers ont le sentiment de devoir laisser avec leur parapluie, à l’entrée de l’entreprise, leurs émotions. Plus qu’un sentiment on leur intime parfois l’ordre de le faire.
Malheureusement cela génère une multitude de souffrances individuelles et collectives. On obtient l’inverse de ce que l’on souhaite et on créé des problèmes relationnels sans le vouloir.
C’est toujours une mauvaise idée de vouloir mettre du réflexif dans quelque chose de processif : Mettre du rationnel et de la pensée dans le champ du naturel et des émotions marche rarement à long terme.
Par exemple, mal réguler sa colère en la stockant amène souvent à des explosions intempestives à des moments inopportuns alors qu’il aurait suffi de l’écouter et d’aller interagir avec la ou les personnes concernées aussitôt.
Quelques phrases que l’on entend parfois… et qui amènent à « faire nous-mêmes notre malheur » pour paraphraser P. Watzalawick :
« Peut-on reprendre cette discussion calmement  maintenant ? » (« Oui bien sûr… ! Si on efface ma mémoire peut-être ! » se dit-elle)
« Il devrait vraiment apprendre à être plus assertif face à ses collaborateurs ! » (Qu’est-ce qui l’en empêche ? En quoi c’est logique ? De quoi a-t-il peur ?)
« Vous devez vraiment être à la hauteur de ce qu’on attend de vous. Soyez plus sûr de vous à la prochaine réunion » (Belle injonction paradoxale, n’est-ce pas ?)
« Je veux absolument que vous soyez « good teamplayer »avec cette nouvelle recrue qui vous remplacera à terme : elle est plus diplômée que vous et l’entreprise en a besoin pour l’avenir ». (« Heu bof, je ne l’aime pas trop du coup ! » se dit-il)